L’E-mobilité en Europe - Un aperçu du marché

L'industrie automobile connaît à l'heure actuelle de grands bouleversements. En plus du constant progrès technologique, le respect de l'environnement est devenu un enjeu majeur. Les modèles hybrides et électriques sont plus que jamais mis en avant.

01.06.2018

E-Mobilité

Mais les automobilistes ont-ils été conquis ? Dans cette étude, vendezvotrevoiture.fr¹, leader européen de la reprise de véhicules d'occasion, s’intéresse aux parts de marché des véhicules électriques et hybrides en Europe. L’étude porte à la fois sur le marché des véhicules neufs, et celui des véhicules d’occasion. La recherche est basée sur des statistiques européennes² (notamment celles fournies par l’ACEA (Association des Constructeurs Européens d’Automobiles) et par la Commission Européenne) ainsi que sur le rachat d’1 million de véhicules par vendezvotrevoiture.fr entre 2014 et 2017.

1. Un chiffre en croissance

Pour prendre la mesure du marché des véhicules électriques et hybrides, il faut le replacer dans le marché automobile global. De 2014 à 2017, au total, 38 271 446³ nouveaux véhicules ont été immatriculés en Europe. (2014 - 8,526,321; 2015 - 9,330,239; 2016 - 9,963,640; 2017 - 10,451,246). Durant cette période, les immatriculations de véhicules hybrides ont été plus nombreuses que les immatriculations de véhicules électriques. La part de marché⁴ des modèles hybrides et électriques reste encore assez faible. Cependant, comme nous allons le voir dans les paragraphes suivants, les ventes pour ces deux types de véhicules ont sensiblement augmenté pendant les quatre dernières années.

2. Le développement du marché des véhicules neufs

Dans cette analyse, nous nous concentrons sur trois types de véhicules :

  • Les véhicules hybrides classiques (VH) : sur ces modèles, lorsque la batterie du moteur électrique est vide, le moteur thermique prend le relais.
  • Les véhicules hybrides rechargeables (VHR) : modèles hybrides dont le moteur électrique est rechargeable via une borne de recharge.
  • Les véhicules électriques (VE) : fonctionnement exclusivement à l’électricité.

Les hybrides ont vu leur popularité augmenter ces dernières années : entre 2014 et 2015, la part de marché des véhicules hybrides a connu une croissance exponentielle de 57%. De 2015 à 2016, cette croissance a ralenti, avec une augmentation de 5% de la part de marché.

On peut observer que la part de marché des véhicules électriques est moins importante. En 2017, avec une part de marché de 0.72%, ils sont loin derrière les véhicules hybrides, qui la même année représentaient 3.46% du marché (2.75% VH; 0.71% VHR)⁵. Mais la tendance est à la hausse. La part de marché des véhicules électriques a ainsi augmenté de 50% entre 2016 et 2017.

L'écart entre les véhicules électriques et hybrides est assez flagrant : sur les quatre années que couvre l'étude, la part de marché moyenne des véhicules hybrides est de 2.43%. En comparaison, la part de marché moyenne des véhicules électriques est de seulement 0.56%.

La Suède est le pays avant la proportion de véhicules électriques et hybrides la plus élevée. En 2015, les nouvelles immatriculations étaient réparties de la manière suivante : 95.21% de voitures à combustion*, 0.82% électriques, 4.15% hybrides (2.4% VH, 1.57% VHR). En comparaison, voici les proportions de l'année précédente : 90.63% pour les véhicules à combustion, 1.01% électriques et 8.36% pour les hybrides. Ces taux représentent la plus forte proportion de véhicules éco-efficients dans l'Union Européenne en 2017.

Les Pays-Bas sont un autre exemple de progression exponentielle par rapport aux autres pays de l’UE. La part de marché des véhicules à combustion représentait 88.21%, 0.82% pour les véhicules électriques et 10.98% (3.17% VH; 7,81% VHR) pour les hybrides en 2015.

Ceci démontre une transition vers les véhicules écologiques plus rapide ainsi qu’une croissance du nombre de véhicules électriques constante (0.82% en 2015 et 2,23% en 2017). D’autre part, il y a eu au Pays-Bas une explosion de la part de marché des véhicules hybrides en 2015 (10.98%) suivi d'une baisse à 6.73% en 2017.

Comme le montre l’analyse des données des pays européens, la part de marché des modèles hybrides et électriques a augmenté de 2015 à 2017, avec un total de +2.11% pour les deux types de voitures. Toutefois, ce taux ne représente qu’une infime minorité par rapport aux véhicules à combustion. Le nombre de véhicules à combustion immatriculés est resté très haut ces dernières années, avec une moyenne de 97.01% de 2015 à 2017.

3. Le développement du marché des véhicules d'occasion

Grâce aux données collectées par vendezvotrevoiture.fr entre 2014 et 2017, nous avons pu déterminer quels étaient les 5 modèles de véhicules électriques et hybrides d’occasion les plus populaires de ces trois dernières années en Europe. En tête, Toyota avec son modèle Prius avec 65.21 % de parts de marché pour les modèles hybrides de la même catégorie. Situation similaire avec Renault et sa Zoé qui domine la vente des véhicules électriques. Le graphique ci-dessous donne un aperçu plus précis des parts de marché des véhicules d’occasion en Europe.

Le nombre croissant d’immatriculations de véhicules électriques et hybrides atteste de la popularité grandissante des véhicules "propres". Ainsi, la part de marché des voitures électriques et hybrides sur le marché de l'occasion est dix fois moins élevée que sur le marché des véhicules neufs. Le renouvellement du parc automobile permet donc une augmentation des véhicules propres dans l'UE. Cependant, on observe toujours de grandes disparités d'un pays à l'autre. Comme le démontrent les chiffres, il y a un recul du nombre de véhicules d’occasion sur le marché avec une légère hausse des parts pour les voitures basses émissions en Allemagne et en Espagne (+0.01%). En comparaison, les Pays-Bas dominent avec une part de marché plus importante des véhicules électriques et hybrides avec un total de 0.43%.

En France, la proportion de véhicules hybrides et électriques (H/E) sur le marché de l'occasion est plus conséquente. Une part de 0.16% pour les véhicules électriques et de 0.17% pour les hybrides entre 2014 et 2017. Même si les véhicules hybrides d’occasion ont la plus grande part de marché, la croissance a été plus marquée pour les véhicules électriques de 2016 à 2017 avec un bond de 0.05% à 0.10%.

Une croissance exponentielle des véhicules électriques est à souligner en Autriche entre 2015 et 2017 avec un taux passant de 0.54% à 1.54%. D'autres pays comme l’Italie, l’Espagne ou encore l’Allemagne montrent une croissance modérée avec une moyenne passant de 0.3% à 0.4% pour la même période. En revanche, les véhicules à combustion restent les plus populaires avec un total de 99.7% de part de marché en EU.

4. Explications possibles

Les taux positifs en Suède, également les plus hauts en EU pour les véhicules propres, confirment la popularité croissante de ces véhicules. La Suède est connue pour avoir une longueur d'avance en termes d'énergies renouvelables, ce qui peut expliquer la part considérable de véhicules hybrides dans le pays. De plus, un bonus environnemental a été mis en place par le gouvernement suédois, dont une aide de 4 000 euros pour les véhicules électriques, qui passera à 6 000 € à partir de l’été 2018. Ainsi qu’un bonus au niveau des taxes de 2 000 euros ou 20 000 couronnes suédoises sur le prix d’achat d’un véhicules hybrides. Des mesures similaires sont entreprises en France. Notamment le bonus écologique qui permet aux acheteurs d’un véhicule électrique neuf d’obtenir une aide à hauteur de 27% du prix d'achat du véhicule, avec une limite de 6 000 euros.

Ce qui peut expliquer le taux élevé (99.7%) des parts de marché des véhicules à combustion, est la popularité et le prix de ce type de voitures. Les moteurs à combustion restent la norme et les prix sont généralement moins élevés que les voitures basses émissions.

Selon les chiffres de statista.com, le prix moyen d’un véhicule à combustion était de 15 110 euros en 2017. En comparaison : une Smart Fortwo, voiture urbaine électrique à deux places était vendue à 22 000 euros. Le prix élevé peut représenter un frein pour certains automobilistes.

Les "obstacles écologiques"

Même si la perspective d’un parc automobile entièrement écologique est plus crédible qu’il y a quelques années, certains problèmes doivent encore être résolus. La fabrication de véhicules électriques reste difficile pour un grand nombre de constructeurs. Par exemple, pour le constructeur automobile Sud-Coréen Hyundai, il faut 12 mois pour la construction, l’expédition et la livraison d’un modèle Ioniq. La location d’une Ioniq hybride pour 149 euros par mois est proposée par le constructeur pour ainsi permettre aux propriétaires de patienter.

Les bornes de chargement représentent un autre obstacle. Même si le réseau est plutôt conséquent en Europe avec un total de 92 728 bornes, certaines zones ont encore un maillage très faible. Pour avoir une meilleure idée de ces différences : les Pays-Bas possèdent en moyenne 191.3 bornes de recharge pour 100 000 personnes, l’Allemagne 30.5 et l’Italie une moyenne de 4.5 bornes de recharge.

Ainsi, selon la Fédération de l’e-mobilité, environ 80% des propriétaires de véhicules électriques rechargent chez eux. Dans ce cas, une borne murale est recommandée. Ces bornes permettent un chargement dix fois plus rapide par rapport à une borne domestique standard. Cependant, elles coûtent entre 1 000 à 2 000 euros - une dépense additionnelle à prendre en compte.

Nombre de stations avec bornes de recharge pour 100 000 habitants

stations borne recharge

Les différences environnementales

L’Europe a introduit un quota indirect sur les véhicules électriques pendant plusieurs années. L’objectif pour 2021 est d’atteindre un rejet d’émissions de CO2 de 95 grammes par kilomètre. Afin d’éviter des pénalités, les constructeurs automobiles se focalisent sur les voitures basses émissions. La production de véhicules électriques / hybrides qui émettent pas ou peu de CO2, semble être la meilleure option.

Un autre aspect intéressant est la mixité dans la production d’énergie qui influe sur le prix et à quel degré le véhicule est écologique (basé sur les émissions de CO2). En Allemagne 40% de la production énergétique provient du charbon, par rapport à la France dont le taux est de 4%. Par ailleurs, 70% de l’énergie en France provient de centrales nucléaires.

5. Perspectives

Les parts de marché pour les véhicules électriques et hybrides semblent se développer positivement. Comme le démontre cette analyse, les hybrides enregistrent le plus de nouvelles immatriculations. Tout comme les véhicules électriques qui gagnent du terrain. En trois ans, la part de marché des nouvelles immatriculations a augmenté de 2.11% contre 0.5%⁶ pour les voitures d’occasion H/E. Ce chiffre plutôt faible est dû à la constante évolution des nouvelles technologies et le marché encore jeune. Ce qui indique clairement un développement à venir. Les aides et mesures des gouvernements dans la promotion des véhicules zéro-émissions encouragent la vente des véhicules électriques et hybrides en EU.

Y’a t’il donc une chance de voir les parts de marché se développer positivement pour les véhicules électriques et hybrides dans un futur proche ? Pas improbable puisque notre analyse démontre qu’entre 2015 et 2017, il y a eu une croissance dans la vente de ces véhicules d’occasion. Comme le nombre de nouveaux véhicules a augmenté de 11% ces trois dernières années, une croissance dans le nombre de véhicules électriques en Europe est probable dans les années à venir. Bien sûr ces prédictions sont basées sur une tendance. Par ailleurs, les subventions, les futures lois et les pénalités en EU influenceront le marché ainsi que les constructeurs automobiles à se concentrer sur les véhicules zéro-émissions.

¹ Les succursales impliquées dans l’analyse se réfèrent aux évaluations faites dans ces différentes entreprises : wirkaufendeinauto.de/ wirkaufendeinauto.at/ compramostucoche.es/ noicompriamoauto.it / wijkopenautos.nl / vendezvotrevoiture.fr / wijkopenautos.be / vikoperdinbil.se
² acea.be; Basé sur les nouvelles immatriculations de ces pays : DE, AT, NL, BE, IT, ES, SE, FR
³ Ibid
⁴ Nouvelles immatriculations VE (Véhicules électriques), VH (Véhicules hybrides) & VHR (Véhicules hybrides rechargeables)
⁵ www.acea.be; VH (Véhicules hybrides) est un type de véhicule hybride qui combine un moteur à combustion interne conventionnel (ICE) avec un système de propulsion électrique (véhicule à transmission hybride)
⁶ VHR (Véhicules hybrides rechargeables) : les caractéristiques des véhicules électriques hybrides conventionnels combinés, ayant un moteur électrique et un moteur à combustion interne (ICE), et d’un véhicule électrique possédant une prise pour se connecter au réseau électrique.
Sources : www.acea.be (European Automobile Manufacturers Association; Association des Constructeurs Européens d'Automobiles; Association du marché automobile en Europe)
www.kba.de (Kraftfahrt Bundesamt, une autorité fédérale en Allemagne. Le KBA est responsable de la circulation routière et envoie un compte rendu au Ministère Fédéral des Transport et des infrastructures Digitales (BMVI). Le QG est à Flensburg.)
www.eafo.eu (European Alternative Fuel Observatory; European Commission)
Index des abréviations/ Glossaire VH : Véhicule hybride VHR : Véhicule hybride rechargeable Hybride : un véhicule hybride possède un moteur électrique ainsi qu’un convertisseur d’énergie. L’énergie est stockée dans un périphérique de stockage (situé dans le véhicule) pour l’énergie électrique et dans un réservoir d’essence sous la forme d’un moteur à combustion interne. VE : Véhicule électrique Ce type de véhicule est destiné au transport de personnes et fonctionnant à l’aide d’un moteur électrique (entraînement électrique) nécessaire à son mouvement d’énergie électrique à partir d’une batterie. Etant donné que la voiture électrique n’émet aucun polluant pendant son fonctionnement, elle est classée comme véhicule sans émissions Limites de l'étude
  • Évaluations ≠ achats, Le nombre absolu d’évaluations est différent selon les années et les pays
  • Les prédictions sont basées sur une tendance
  • Prochaines lois peuvent influencer le marché
  • N’inclut pas tous les pays européens (UE)

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